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Un laboratoire végétal
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Le jardin botanique du vallon de l'Ermitage est un héritage du passé pour le présent et le futur. Un véritable bain de jouvence pour le citadin stressé et en mal de chlorophylle.
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M. François Felber, directeur du jardin, gestionnaire du personnel, des projets scientifiques et didactiques, enseignant à l'université, conservateur des herbiers, nous présente son domaine.
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Peu de nos compatriotes savent qu'en 1845, la Société d'horticulture de Neuchâtel avait aménagé un jardin d'une certaine importance au lieu-dit Nid-du-Crô, entre la route des Saars et le lac, non loin de l'ancien cimetière du Mail. |
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Qu'une société locale ne comptant alors pas plus de 150 membres ait pu subvenir aux frais de construction d'une serre tempérée, d'une orangerie et d'une maison pour le jardinier, montre que les choses n'allaient pas si mal sous l'ancien régime.
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La ville s'était montrée très généreuse et avait exempté la société de tout paiement de location durant six ans. Mais il convient de dire que « cette oeuvre d'art et de patriotisme » n'aurait sans doute jamais vu le jour sans la générosité du roi Frédéric Guillaume IV qui, à l'époque et selon Quartier-la-Tente (1897), fit un don de 500 louis (12 000 francs d'aujourd'hui).
Bénéficiant de la situation ambiguë de Neuchâtel en cette fin de XIXe siècle - canton suisse et Principauté sous la souveraineté du roi de Prusse - le nouvel espace créé reçut de riches dons en nature des jardins de Berne et de Zurich ainsi que « deux caisses de végétaux du jardin royal de Berlin. »Grâce en particulier à ces cadeaux, les serres renfermaient en 1847 « 1200 espèces (sans compter les variétés ) ».
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Récolte de témoins
Nos prédécesseurs du XIXe siècle ne cultivaient pas seulement, au « Nid-du-Crô » les plantes horticoles et utiles (parmi lesquelles 50 espèces de vignes), mais aussi bon nombre de plantes sauvages. Preuve en est les exsiccata figurant dans l'herbier de l'Institut de Botanique avec l'indication « récoltés au jardin de la Société d'horticulture ».
L'initiative consistant à récolter des témoins de plantes en cultures émanait probablement du président du comité du jardin, le botaniste Charles-Henri Godet, auteur bien connu de la Flore du Jura. Il n'est pas dépourvu d'intérêt de rappeler, d'après l'article paru dans Le Messager boiteux de Neuchâtel (1847), les buts que poursuivait la Société d'horticulture en créant ce premier jardin botanique. |
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Il s'agissait « d'entretenir un habile jardinier, également entendu dans la taille de la vigne et des arbres fruitiers et d'ouvrir, dans la mesure du possible, une carrière à quelques-uns de nos jeunes concitoyens qui pourraient être reçus chaque année dans l'établissement pour y faire leur apprentissage.
Mais aussi cultiver les végétaux les plus intéressants, tant sous le rapport de leur agrément que sous celui de leur utilité, établir des pépinières d'arbres et d'arbustes, contribuer à l'embellissement de notre ville par la fondation d'un établissement qui ne pouvait qu'exercer sur la population une influence salutaire par la nature des goûts qu'il était destiné à faire naître. »
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Existence éphémère
Le jardin de la Société d'horticulture, qui démarrait sous d'heureux auspices, n'eut, hélas, qu'une existence éphémère, « quelques années seulement » d'après Quartier-la-Tente. Durant un siècle, les Neuchâtelois furent privés du plaisir de se promener dans un jardin botanique. En effet, le deuxième jardin botanique de Neuchâtel, situé au sud du bâtiment de l'Université, avenue du Premier-Mars, n'était en principe pas ouvert au public. C'était avant tout un jardin didactique destiné aux étudiants.
Lorsqu'en 1954, les instituts de biologie furent transférés sur la colline du Mail, la création pour les étudiants d'un troisième jardin botanique fut décidée. Les pelouses et l'arboretum formant le jardin disparurent avec les constructions en dur. Quant aux vestiges restants, ils sont à l'abandon. Pour compenser ce laboratoire expérimental, un établissement fut créé au vallon de l'Ermitage, inauguré en 1998. Aujourd'hui, il est placé sous la responsabilité d'un conservateur, lui-même subordonné à une Commission de gestion comprenant des représentants de l'Université, de la Ville et de l'Etat.
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Le contact des végétaux
Les atouts principaux du jardin botanique de Neuchâtel sont un lien solide avec les groupes de recherches de l'Université, un cadre naturel, au relief très contrasté, une diversité biologique spontanée exceptionnelle pour un site périphérique d'une agglomération, une synergie très forte avec de nombreuses institutions ou organisations attentives à la qualité de l'environnement, la proximité du Centre Friedrich Dürrenmatt avec lequel toutes les symbioses possibles sont développées. Peu de jardins botaniques peuvent
se prévaloir de tels avantages !
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Ouvert à tous, le jardin botanique de Neuchâtel est un microcosme où le visiteur voyage à travers le temps et l'espace.
Ce lieu invite chacun au dépaysement, permet d'apprendre à reconnaître les plantes et incite à retrouver le contact des végétaux.
Le grand public trouve au travers des nombreuses expositions fixes et temporaires de quoi satisfaire sa curiosité et alimenter sa soif de connaissances.
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Un havre de paix
Ce lieu d'observation est destiné à tous les niveaux et à toutes les catégories d'apprenants : les apprentis horticulteurs ou fleuristes, les classes du primaire et du secondaire, les futurs droguistes ou pharmaciens et les étudiants de l'Université. Le jardin botanique est plus qu'un endroit parsemé d'étiquettes avec le nom des plantes. Des panneaux didactiques expliquent la démarche des expositions et des documents thématiques permettent d'approfondir le sujet.
C'est aussi un havre de paix où il fait bon passer un moment avec soi-même, plonger dans les trésors que nos aînés ont conservés, tout en nous léguant un peu de l'histoire de nos terroirs et de nos contrées, enfermée dans ce site enchanteur.
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Par Joël Perrenoud |
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