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L'Areuse et ses magnifiques gorges |
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Une promenade dans un sanctuaire presque préservé de la pollution, mis à part quelques détritus qui malgré tout souillent les paysages de cathédrale, portés par l'Areuse qui fait office d'horizon, de miroir, de support, de théâtre au bal de l'eau vive. |
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Avec ses 25 kilomètres, l'Areuse est la plus longue rivière entièrement neuchâteloise. Elle prend sa source dans le cirque de Saint-Sulpice sous la forme d'une résurgence de type « vauclusien »; c'est-à-dire que l'eau sort d'un rocher comme à la fontaine de Vaucluse, près d'Avignon. Ses eaux proviennent d'une part du vallon des Verrières et, d'autre part, de la vallée de la Brévine par les emposieus (entonnoirs naturels qui récupèrent les eaux du lac des Taillères).
Elle serpente dans la Val-de-Travers, passant par Fleurier, Môtiers, Travers, Noiraigue, Champ-du-Moulin où vécut Jean-Jacques Rousseau, Boudry, Areuse, pour mourir ensuite dans le lac de Neuchâtel. Son débit varie de 700 à 50 000 litres/seconde en période de crue ou de fonte des neiges. |
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Cet écart très important a provoqué de nombreuses inondations avant la première correction de son cours à la sortie de Fleurier (1866 et 1868), et la seconde modification de Saint-Sulpice à Travers, entre 1949 et 1984. La rivière a conservé un bras mort de son parcours d'origine entre Fleurier et Môtiers. Le nouveau lit, tout comme l'ancien, est « pêchable » sur une partie de sa longueur. |
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Les rives de l'Areuse permettent des balades merveilleuses. La première partie permet d'évoluer dans un cadre paisible, relaxant, tout comme le dernier tronçon. Entre deux, il y a les gorges. Ces dernières entraînent un changement de décor. Il s'agit d'une promenade des plus prisées. Elle est balisée et dure deux heures et demie, de Champ-du-Moulin jusqu'à Boudry. Entrons dans le vif du sujet : arrivée à la gare dans l'après-midi afin d'effectuer cette excursion. Le temps est au beau fixe. Belle journée de printemps à vrai dire. Les rayons du soleil, de plus en plus chauds, tiédissent la brise. De la route on aperçoit l'Areuse, mince filet lumineux.
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Un musée du temps
Ensuite, on s'approche de cette rivière. De morne, plate et timorée, elle se met à pilonner irrémédiablement le roc qui lutte pour maintenir sa suprématie mais, comme la braise qui achève le bois, elle forge son tracé. Elle se faufile, s'incrustant partout dans une furie d'écume. Elle dessine un monde animé par ses sautes d'humeur. Cette merveille d'eau vive a construit son musée du temps. Ses oeuvres sont visibles pour le plaisir de tous, de 7 à 77 ans. L'entrée dans son sanctuaire est vivifiante pour l'esprit. Son âme changeante se met à nu après quelques coups d'oeil. Lascive ou furibonde, elle est délice à chaque seconde. Elle se permet toutes les couleurs et, sur sa robe ondulante, ruissellent tous les reflets. Le ciel, les arbres, le soleil, même le vent se laissent prendre à son jeu. |
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Diaporama (1) |
Diaporama (2) |
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Par Joël Perrenoud |
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