La croix et la bannière
Le pasteur Louis-Lucien Rochat a fondé la Croix-Bleue à Genève en 1877. Sa mission est de venir en aide à ceux qui sont menacés par l'alcoolisme.
Dans ces temps reculés, presque la préhistoire pour nous, un groupe d'hommes et de femmes de bonne volonté et de foi ont décidé de créer la Croix-Bleue. Pour lutter contre une drogue dont les ravages sont peut-être pires que ceux engendrés par l'héroïne aujourd'hui : l'alcool. L'alcool est partout et la publicité nous bombarde de tous les côtés. Boire est devenu un mode de vie.
L'alcool, pas si cool... Face à la misère que l'alcoolisme de jadis a générée dans la société, le drame journalier engendré par ce fléau, répandu comme une épidémie, a alors poussé bien des chrétiens à combattre les autorités et les vignerons.

Identité humaine
Le seul résultat tangible pour ces soldats de Dieu fut d'interdire l'absinthe.

N'oublions pas que nous sommes à la fin du XIXe siècle. L'automobile n'avait pas encore envahi notre vie quotidienne, mais le problème avait déjà surgi dans la vie de tous les jours.

Il ne révélait que la pointe de l'iceberg cachant ce fléau allant des disputes conjugales aux accidents de travail, en passant par tous les stades de la dégradation de l'identité humaine, qu'elle soit physique ou/et psychique.

Avec détermination et conviction, ces pionniers sont venus en aide aux personnes dépendantes de l'alcool. Dans cette société, qu'il est difficile d'imaginer de nos jours, les problèmes à éradiquer devaient être monstrueux. Malgré le côté convivial de l'alcool, beaucoup confondaient convivialité avec abus. Les dérapages en public conduiront des hommes et des femmes à taper du poing sur la table et à dire : « Cela suffit ! Quitte à passer pour des momiers (bigots), faisons quelque chose pour aider ces victimes souvent consentantes. »
Plusieurs services
Ainsi naquit le mouvement de la Croix-Bleue qui, aujourd'hui, tient ce langage : « Dans un monde en évolution, nous relevons le défi de concilier fidélité à notre vocation et au modernisme. Dans cet esprit, nous adaptons notre action et tenons compte des dépendances aux autres produits psychotropes. »
La Croix-Bleue met à disposition des personnes dépendantes de l'alcool, ainsi que de leurs proches, une palette d'offres comprenant un service ambulatoire par accompagnement individuel ou en couple pour les personnes souffrant d'un problème d'alcool, un service d'écoute téléphonique : 0848 805 005, des groupes de soutien, des journées récréatives, des camps, des formations, des actions de prévention. Ses membres précisent : « Notre objectif principal vise l'indépendance, la revalorisation et l'intégration sociale de tous. »
Seul ou en couple
Grâce à son secteur accompagnement, la Croix-Bleue propose des entretiens. Le travail qui s'effectue lors de ces rencontres se base sur la demande, les objectifs et les attentes de la personne. En rapport avec la demande et les objectifs, l'intervenant fait une proposition d'accompagnement et établit un contrat avec la personne ou le couple.
Différents thèmes peuvent être abordés lors des entretiens : parcours de vie, dépendance, causes, rechute, codépendance, affirmation de soi, sentiments et émotions, appartenance. L'intervenant met en valeur les compétences, les connaissances et les acquis de la personne afin que celle-ci retrouve un mieux-être dans sa vie. Comme le dit un vieil adage populaire : « Trop et trop peu gâtent tous les jeux. »
Alors, buvez avec modération, deux verres de vin par jour pour une femme et trois pour un homme. Pour rester en bonne santé et sans vouloir peindre le diable sur la muraille.
Par Joël Perrenoud
Commentaire de Jean-Pierre Lambert

A comme alcoolisme
Prévention
Même si la diversité des bières et autres alcools est très attrayante, en particulier pour les adolescents, il est important de ne pas oublier que l'alcool est à considérer comme un plaisir qui peut se transformer en un véritable cauchemar pour certains.
Possibilités de se sortir de l'alcool
Compte tenu de la dépendance physique et psychologique du malade alcoolique, ainsi que des modifications de son métabolisme, la stabilisation de la maladie nécessite généralement l'abstinence totale et définitive. C'est une exigence qu'un malade alcoolique grave peut difficilement réaliser seul de manière durable.
Un traitement spécifique est donc recommandé. L'essentiel est que la personne alcoolique décide elle-même de se soigner. La motivation est un facteur indispensable à la réussite du traitement, rappelons-le.
Alcoolique ou toxicomane ?
Il faut toujours être très prudent avant d'affirmer que telle ou telle personne est dépendante. Les médecins et les thérapeutes ont eux-mêmes des difficultés à poser un diagnostic. A plus forte raison les profanes, parents, proches, amis, collègues ou employeurs. Bien qu'on puisse trouver dans certaines brochures et livres des listes d'indices à observer, il faut se garder de juger sur l'allure de la personne, la longueur de ses cheveux, son habillement, son teint ou ses yeux.
En effet, les signes observables peuvent aussi avoir d'autres causes que l'abus d'alcool ou de drogues.