André Aubry : du rêve plein les yeux...
Rue du Bassin, proche de la place Pury à Neuchâtel, un stand aux couleurs chatoyantes, digne d'une caverne d'Ali Baba, attire le passant. André en est le propriétaire. Faisons plus ample connaissance.
André est un grand voyageur devant l'Éternel. Épris de liberté, il a passé dix ans de sa vie sous diverses latitudes. D'autoroutes en chemins de traverse, de Genève-Cointrin à Sydney où il
apprit l'anglais en passant par l'Inde, pays où les princesses existent encore. Les nombreuses contrées qu'il a visitées l'ont fait rêver, mais c'est par nécessité qu'il s'est mis à vendre des tableaux. Sa survie assurée, il constate que le commerce, petit à petit, le passionne ; le contact avec les gens lui plaît et c'est tout naturellement que, de retour en Suisse, il se lance dans l'aventure avec un bagage incontestable de voyageur et de négociateur avisé. Il a aussi constaté que la vie trace un chemin que nous choisissons plus ou moins.
Des couleurs vives pour les différents tissus, les pantalons, les blouses, les écharpes, les abat-jour, les couvre-lits, les vestes, les porte-monnaie, les sacs à dos attirent notre regard.
M. André Aubry : impénitent voyageur
De l'émerveillement encore lorsque nous contemplons son étal avec des boîtes et des présentoirs tapissés de velours noir et rouge. Dans certains se trouvent des bagues et des anneaux pour les pieds ; dans d'autres, des boucles d'oreille et des colliers. Statues, henné et encens donnent une note exotique.
Les multiples articles exposés proviennent surtout d'Asie, continent des « mille et un rêves » : Inde, Indonésie, Népal, Thaïlande...
A noter qu'il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses.
Lorsqu'on lui demande de parler des pays qu'il a traversés, il répond aimablement que ce serait trop long de narrer toutes ses péripéties. Cependant, il évoquera quelques anecdotes concernant notamment le Bengladesh pour la gentillesse et la générosité de ses habitants, ce qui est surprenant pour un pays si pauvre ; l'Inde, pour ses divinités et ses contrastes saisissants. A Calcutta, les Hindous ont réservé un petit parc pour les rats. Les gens les nourrissent avec les mains, délivrant leurs offrandes sans peur avec des grains achetés sur le trottoir, à quelques pas de l'entrée.
Ils les vénèrent comme un dieu. Quelques mètres plus loin, des infirmes font la quête. Ils sont considérés comme une attraction. A quelque distance de là, des lépreux mendient.
C'est aussi dans ce pays qu'André a rencontré une princesse. Comme dans les meilleurs contes, ils s'épousèrent et eurent une fille. C'est ainsi que s'est terminée sa vie de loup solitaire. Actuellement, il vit une existence de rêve, partageant son temps entre sa famille et son stand. Ce qui lui fait dire : « Le pays idéal est celui où l'on se plaît ; le paradis est sur ta route quand tu rencontres la princesse de tes rêves. »
Redescendons sur terre. Le montage et le démontage du stand est un rude travail qu'André ne considère pas comme un job, mais comme un sport. L'été et décembre étant les meilleures saisons de vente, André dixit, il accueillera volontiers les chalands et leur fournira plein d'idées pour les cadeaux.
Des surprises les attendent.

Ouverture du stand :
10 heures à 18 heures tous les jours, sauf le dimanche et le lundi.
Téléphone : 078 709 14 25
Par Joël Perrenoud