Lycée artistique : Académie de Meuron
Monsieur Gérald Comtesse, directeur, mène quatre défis de front: la peinture, l'enseignement, l'appui et l'écriture. Il retranscrit et magnifie la réalité. Artiste à contre- courant, conférencier, écrivain, c'est une figure incontestée de l'art à Neuchâtel.
Le lycée artistique de Neuchâtel se propose de donner aux étudiants qui le fréquentent un enseignement soutenu, efficace et indispensable à l'exercice d'un métier artistique ou d'arts appliqués. Les études se déroulent en deux phases. La première, dite année d'essai et d'orientation, comporte trois trimestres au niveau de la dernière année de scolarité obligatoire. Elle constitue une préparation au degré supérieur. Elle est également considérée comme un test d'aptitudes et une approche pour des élèves envisageant des examens d'entrée aux écoles d'arts autres que le lycée artistique. La deuxième, le degré supérieur, consiste en un programme étalé sur trois ans. Il porte sur une étude poussée des branches essentielles (dessin, étude de la couleur, expression technique, cours de l'histoire de l'art) pour la pratique d'un métier artistique. En général, les études sont complétées, dans la mesure du possible, par des stages de formation dans la profession choisie en dernière année, et au-delà de l'Académie.
Gérald Comtesse nous présente son travail. Dans une grande salle, des effluves divers flottent : parfums de sangajol, d'huile, de peinture qui sèche. Il y règne une atmosphère studieuse propice à l'inspiration, un silence révélateur de lumière et d'ombres. Des chevalets, avec à leur chevet des élèves, sont disposés partout. Les sujets sont variés : une nature morte, un modèle humain, un panorama, une ruelle, l'aube, l'aurore et j'en passe. Le maître, artiste peintre confirmé, dirige la création. Il conseille, suggère, explique, révèle, rassure. On remarque tout de suite qu'il se voue entièrement à son travail. Les élèves bénéficient donc de son savoir-faire, de son talent. Gérald Comtesse a passé son enfance et son adolescence à Bevaix.
Echanges
Solitaire, il partage la vie des adultes au détriment de ses camarades d'école. C'est dans l'atelier et sous l'aile de Janebé et de Charles Barraud qu'il a commencé à peindre tout en suivant l'Ecole de commerce. Il gravit petit à petit tous les échelons d'une carrière professionnelle. Il a choisi l'enseignement pour partager son expérience de peintre, pour le contact avec autrui. Par l'art, il essaie aussi d'encourager les gens que la vie a cruellement blessés, de façon qu'ils renaissent par cette thérapie. Les qualités requises pour devenir un artiste peintre sont ancrées en lui depuis toujours. Il reconnaît lui-même qu'il a eu de la facilité à s'exprimer par la peinture, ce qui ne l'a pas forcément beaucoup aidé à évoluer très vite. Contrairement aux artistes qui ont choisi l'art abstrait, il peint son monde, mirage de notre réalité. C'est un peintre de l'essentiel. Sa peinture est empreinte de joie, de jouissance, de volupté. Ses oeuvres, vigoureusement construites, sont de pures harmonies colorées. Ses voyages sortent comme des ombres de ses toiles.
Gérald Comtesse a organisé plusieurs expositions de jeunes artistes ou de peintres neuchâtelois.
Le Matin
Il a publié deux ouvrages : l'un est consacré à William Röthlisberger, l'autre à Charles Barraud. Enfin, il a participé à l'édition collective « L'art neuchâtelois ». Pour conclure : quelques prix obtenus et expositions réalisées par l'artiste. Prix d'encouragement de la Commission fédérale des beaux-arts en 1961. Bourse fédérale des beaux-arts en 1963. Il pend ses oeuvres aux cimaises de la Galerie des Amis des arts, à Neuchâtel et de la Galerie Antica, à La Chaux-de-Fonds. Genève, Lausanne, Sion, Berne, Zofingue (Schutzenhaus) et la Suisse alémanique l'accueillent.
Par Joël Perrenoud